mardi 15 septembre 2009

La penurie en plus de la pandemie H1N1 ?

Voici un extrait de la conversation avec ma pharmacienne de quartier :

- Bonjour, vous avez encore du stock de gel hydroalcoolique svp ?
- Non désolée, je suis en quasi rupture de stock.
- Vous prévoyez d'en recevoir quand ?
- Je ne sais pas. Nous sommes sur liste d'attente pour mi-novembre.
- C'est tout de même incroyable, non ?
- Oui, d'autant plus que j'ai des publics prioritaires (séropositifs, enfants) que je ne peux même plus fournir.
- Donc rien d'ici là ?
- J'essaie de me dépanner à droite à gauche, mais tout le monde agit comme moi et il n'y a quasiment plus rien sur le marché...

Nous avions déjà évoqué cette situation lors d'un post récent. Mais la situation se confirme. De fait nous observons 3 phénomènes :

1/ Renseignements pris auprès de certains laboratoires, les délais annoncés à ce jour renvoient en effet au mieux mi octobre, au pire début novembre....quand la grippe sera passée ?

2/ Direction Internet et ses sites de e-commerce; 15 à 60 jours de délais annoncés ! Eux aussi "pestent" d'ailleurs contre les laboratoires qui n'ont pas anticipé et/ou ne peuvent survenir aux besoins des clients.

3/ Analyse des tarifs...ça grimpe !
Comme dans tout marché en situation de demande supérieure à l'offre, les prix commencent peu à peu à monter. Le peu de stock disponible ça et là connait une véritable inflation chaque semaine.

Au risque de nous répéter, alors que la grippe n'a toujours pas démarré réellement en France, nous sommes en quasi rupture de stock.

Nous invitons nos lecteurs à être particulièrement vigilant sur les produits "hors circuits" et rappelons qu'à défaut de gel hydroalcoolique, plusieurs lavages des mains avec du savon de marseille fonctionne aussi très bien.


lundi 14 septembre 2009

Pandemie H1N1 et le bug de l'an 2000

Quel(s) lien(s) peuvent exister entre le bug de l'an 2000 et la pandémie de grippe A H1N1 ? Voilà un rapprochement qui peut sembler hasardeux de prime abord, mais qui prend de la consistance en écoutant les commentaires et remarques des personnes interrogées.

Durant une semaine, notre association montpelliéraine a mené une action de sensibilisation des petites et moyennes entreprises en matière d'hygiène et de sécurité. Une centaines d'entreprises ont été visitées.

Le lien entre pandémie H1N1 et bug de l'an 2000 nous a été fourni par l'un des interviewés. Même paranoïa face aux risques potentiels, mêmes besoins de payer (pardon d'investir) pour passer le cap, mêmes avis d'experts qui se contredisent, mêmes avis d'illuminés divers et variés.

De ce point de vue, la TPE/PME a des raisons légitimes de considérer avec beaucoup de mépris cette grippe. En son temps (une décennie), l'activité économique de la petite entreprise a t elle souffert de ce fameux bug ? Dans l'immense majorité des cas, la réponse est négative. Nous pourrions longuement disserter sur les raisons à cela, mais globalement, les grandes entreprises / éditeurs / consultants / développeurs en ingénierie informatique avaient largement anticipé le problème. De fait, la TPE/PME qui se trouve en bout de chaine ne sera, in fine, que (éventuellement) partiellement affectée.

Nous sommes donc dans un système pyramidal où les grandes entreprises ont donné le "la" sur ces risques et en ont assuré la plus grande partie des résolutions et financements.

C'est la grande différence avec la pandémie qui se profile. Nous basculons avec celle-ci dans un système horizontal, où chacun peut apporter sa pierre à l'édifice, dans un sens comme dans un autre ; tout un chacun est responsable vis à vis de lui-même et des autres de son propre comportement et est de valeur égale.

Prenons un exemple : la multinationale tartemuche a prévenu l'ensemble de ses salariés, acheté le matériel nécessaire, fait des stocks de solutions hydroalcooliques. Très bien. Mais le sous-traitant, de taille plus modeste qui intervient chaque jour dans ses locaux en fait-il autant ? Si la réponse est négative, on peut le considérer comme un cheval de troie au sein d'une organisation beaucoup plus vaste. Et ainsi de suite.

Pour réfléchir par analogie, cela revient à l'histoire de cette colonne d'armée qui se dirige vers son champs de bataille. Elle dépend avant tout de la faiblesse de l'un de ses composants...en l'occurrence du légionnaire qui a un caillou dans sa chaussure et qui ralentit l'ensemble de la troupe.

Pour revenir au sujet qui nous préoccupe, la pandémie de grippe n'est pas un nouveau bug. Sans rentrer dans les polémiques qui secouent le net sur le sujet, la vigilance et l'hygiène devraient s'imposer pour tous. Au delà, ou de façon concomitantes aux exigences économiques.




lundi 7 septembre 2009

Business H1N1 - rupture de stocks

Alors même que la pandémie H1N1 n'a pas débutée en France, les tensions sur le marché des solutions hydroalcooliques sont très vives. La plupart des laboratoires de gels sont débordés et annoncent aujourd'hui des délais de livraison qui oscillent entre début octobre et début novembre.

Alors que les "particuliers" et les TPE (Toutes Petites Entreprises) ne se sont guère préparés à la pandémie, les entreprises de plus de 50 personnes ont, pour une large part, déjà anticipé le phénomène.

La raison tient au fait que la médecine du travail française a largement communiqué auprès des entreprises qui, dans le cadre de celles qui ont plus de 50 employés, disposent d'un CHCT (comité d'hygiène).

Dès lors, la plupart d'entre-elles ont pris la mesure des achats à réaliser et ont, dès cet été, commandé directement auprès des laboratoires; des clients inconnus jusqu'alors pour ceux-ci qui, par répercussion, se retrouvent débordés.

Désormais, alors que la pandémie n'est toujours pas présente en France, la situation est bloquée. Pour faire face à cette situation, certains ont envisagé de déconditionner les produits : transvaser le fameux gel d'un flacon de 1 Litre vers plusieurs de 100 ml. Une opération à laquelle manifestement beaucoup ont déjà réfléchis : les fabricants de flacons en plastique se retrouvent eux aussi en situation de surchauffe commerciale.

Une situation alarmante et qui va probablement engendrer des risques de marchés parallèles ou frauduleux.